L'histoire de Canari ressemble à celle de tous les
villages de la partie ouest du Cap Corse, le paysage est le
même avec ses hameaux accrochés aux pentes des
vallées ouvertes sur la mer, avec qui, les habitants
vivaient en symbiose.
En effet la mer était
pour les Caps Corsins, un réservoir de richesse qu'ils
savaient bien exploiter, mais aussi la grande route maritime
qui leur permettait de communiquer, non seulement de vallées
en vallées et jusqu'en Balagne, à partir des marines
de Canelle et de Scala, mais aussi avec les ports de l'archipel
Toscan, de la côte Ligure et parfois même de la
Provence.
Notre région fût, il y a plus d'un siècle,
avec la Balagne, grâce à ses nombreuses activités
agricoles, industrielles, maritimes et commerciales, l'une des
plus peuplées, des plus évoluées et des
plus prospères de la Corse.
LES ORIGINES DU VILLAGE
Le village actuel remonte au XVem siècle.
Pourtant les historiens localisent l'antique "civitas
Kanelate", mentionnée sur une carte attribuée
à Ptolémée (Géographe Grec du
IIem siècle après J.C.) sur la commune de Canari
vers la Punta di canelle où se trouvent les vestiges
d'une tour à feu arasée et des traces de construction
qui confirmeraient une présence à l'époque
romaine.
A part la chapelle piévane
Santa Assunta du 12e siècle et les ruines situées
au dessus d'Abru, l'on n'a pas encore retrouvé de constructions
antérieures au XVem siècle. Pourtant d'après
les archéologues il existait un habitat aux abords du
clocher actuel avant le 10e siècle, en effet en 1922
lors de l'agrandissement de la place il a été
repéré l'abside d'une église préromane.
LES ACTIVITES HUMAINES DU XIXe
AU DEBUT DU XXe
L'agriculture
: le cédrat, les cultures s'étendaient
au bord de mer de la punta bianca à la marine de Giottani
sur une douzaine de km et constituaient, avec le vignoble, les
principales ressources du pays, récolte en octobre. L'olivier : les plantations atteignaient
jusqu'à 500 mètres d'altitude et produisaient
de l'huile tous les deux ans. Quelques vieux pressoirs existent
encore. Les jardins familiaux :
très nombreux, disséminés sur tout le territoire
à proximité des points d'eau (consommation familiale
et exportation) oignons, pomme de terre, lentilles, fèves,
tomates, etc. Le micro-climat d'Abru permettait, à la
fois la culture des primeurs et des légumes d'arrière
saison. Tous les arbres fruitiers donnaient suffisamment de
fruits en année favorable.
Les céréales : toutes les parcelles impropres
aux cultures précitées étaient destinées
à la culture des céréales (blé,
avoine, orge, lupin) et au pacage des animaux. D'un rendement
médiocre, il fallait avoir recours à l'importation
de Balagne. Il existe sur la commune une soixantaine d'aires
à blé et sept moulins à grains le long
du torrent de Giottani. L'un a été restauré
en habitation : u mulinu pendente, sur la route allant à
Barrettali. La vigne : la
culture de la vigne représentait la principale ressource
de la commune : 400 à 500 hectares depuis le bord de
la mer jusqu'à 500 mètres d'altitude. Exportation
vers l'Italie.. La pêche :
bien qu'artisanale, la pêche apportait un complément
de ressources non négligeable. Les marines de Canelle
et Scala ne sont que de simples cales de halage exposées
aux vents d'ouest dominants. L'élevage
: pour ne pas porter atteinte aux cultures, l'élevage
était au XIXe siècle, strictement réglementé.
Chaque famille possédait volailles et divers animaux.
L'on pratiquait à Marinca et à Piazza l'élevage
des vers à soie. La culture
du lin : les fibres traitées et filées
sur place, vestiges au hameau de Linaghje, étaient tissées
à Barrettali et à Luri jusqu'à la fin du
XIXe siècle.