Bienvenue à Canari

Un balcon suspendu sur la mer

Perché sur les hauteurs escarpées de la côte occidentale du Cap Corse, le village de Canari s’offre comme un balcon de pierre suspendu au-dessus de la Méditerranée. À près de 360 mètres d’altitude, il domine fièrement le golfe de Saint-Florent et, par temps clair, laisse entrevoir les cimes ou les rivages lointains du continent. Ce panorama exceptionnel fait de Canari l’un des plus beaux points de vue de Corse.

Le village, empreint de silence et de lumière, est marqué par une histoire ancienne et un riche patrimoine. L’église Saint-François, au clocher baroque, surplombe la place centrale, cœur battant du village, tandis que la collégiale Santa Maria Assunta, plus ancienne, témoigne de l’importance religieuse et culturelle du lieu dès le Moyen Âge. Partout, les ruelles étroites bordées de maisons en schiste racontent une vie de labeur et d’attachement à la terre.

Canari, pourtant modeste en taille, abrite une communauté vivante et accueillante. Le patrimoine vivant du village s’enracine aussi dans ses traditions agricoles. Les collines alentour conservent les traces de l’agro-pastoralisme : murets en pierre sèche, anciens moulins, bergeries aujourd’hui restaurées. Le retour à une agriculture plus résiliente a permis la redécouverte d’un blé ancien, variété endémique du Cap Corse, aujourd’hui replantée et valorisée localement. Ce geste agricole, à la fois humble et visionnaire, renoue avec un savoir-faire transmis par les anciens.

Le village est aussi un point de départ pour les amoureux de nature : les sentiers serpentent entre les terrasses de culture, les châtaigneraies oubliées, le maquis parfumé, jusqu’aux crêtes d’où l’on aperçoit, d’un seul regard, la mer Tyrrhénienne et les montagnes corses. À l’heure dorée du soir, lorsque le soleil s’efface derrière l’horizon, Canari devient un lieu de pure contemplation.

Entre mer et ciel, entre passé et futur, Canari continue d’écrire son histoire : celle d’un village qui résiste au temps par la force tranquille de sa communauté, la beauté de son paysage, et la vitalité de ses liens.

Un peu d'histoire

L’histoire de Canari ressemble à celle de tous les villages de la partie ouest du Cap Corse, le paysage est le même avec ses hameaux accrochés aux pentes des vallées ouvertes sur la mer, avec qui, les habitants vivaient en symbiose.
En effet la mer était pour les Caps Corsins, un réservoir de richesse qu’ils savaient bien exploiter, mais aussi la grande route maritime qui leur permettait de communiquer, non seulement de vallées en vallées et jusqu’en Balagne, à partir des marines de Canelle et de Scala, mais aussi avec les ports de l’archipel Toscan, de la côte Ligure et parfois même de la Provence.

Notre région fût, il y a plus d’un siècle, avec la Balagne, grâce à ses nombreuses activités agricoles, industrielles, maritimes et commerciales, l’une des plus peuplées, des plus évoluées et des plus prospères de la Corse.

Les origines du village

Le village actuel remonte au XVe siècle. Pourtant les historiens localisent l’antique « civitas Kanelate », mentionnée sur une carte attribuée à Ptolémée (Géographe Grec du IIem siècle après J.C.) sur la commune de Canari vers la Punta di canelle où se trouvent les vestiges d’une tour à feu arasée et des traces de construction qui confirmeraient une présence à l’époque romaine.

À part la chapelle piévane Santa Assunta du 12e siècle et les ruines situées au dessus d’Abru, l’on n’a pas encore retrouvé de constructions antérieures au XVem siècle. Pourtant d’après les archéologues il existait un habitat aux abords du clocher actuel avant le 10e siècle, en effet en 1922 lors de l’agrandissement de la place il a été repéré l’abside d’une église préromane.

Les activités humaines du XIXe au début du XXe

L'agriculture

Le cédrat, les cultures s’étendaient au bord de mer de la punta bianca à la marine de Giottani sur une douzaine de km et constituaient, avec le vignoble, les principales ressources du pays, récolte en octobre.

L'olivier

Les plantations atteignaient jusqu’à 500 mètres d’altitude et produisaient de l’huile tous les deux ans. Quelques vieux pressoirs existent encore.

Les jardins familiaux

Très nombreux, disséminés sur tout le territoire à proximité des points d’eau (consommation familiale et exportation) oignons, pomme de terre, lentilles, fèves, tomates, etc. Le micro-climat d’Abru permettait, à la fois la culture des primeurs et des légumes d’arrière saison. Tous les arbres fruitiers donnaient suffisamment de fruits en année favorable.

Les céréales

Toutes les parcelles impropres aux cultures précitées étaient destinées à la culture des céréales (blé, avoine, orge, lupin) et au pacage des animaux. D’un rendement médiocre, il fallait avoir recours à l’importation de Balagne. Il existe sur la commune une soixantaine d’aires à blé et sept moulins à grains le long du torrent de Giottani. L’un a été restauré en habitation : u mulinu pendente, sur la route allant à Barrettali.

La pêche

Bien qu’artisanale, la pêche apportait un complément de ressources non négligeable. Les marines de Canelle et Scala ne sont que de simples cales de halage exposées aux vents d’ouest dominants.

L'élevage

Pour ne pas porter atteinte aux cultures, l’élevage était au XIXe siècle, strictement réglementé. Chaque famille possédait volailles et divers animaux. L’on pratiquait à Marinca et à Piazza l’élevage des vers à soie.

La vigne

La culture de la vigne représentait la principale ressource de la commune : 400 à 500 hectares depuis le bord de la mer jusqu’à 500 mètres d’altitude. Exportation vers l’Italie.

La culture du lin

Les fibres traitées et filées sur place, vestiges au hameau de Linaghje, étaient tissées à Barrettali et à Luri jusqu’à la fin du XIXe siècle.